Mon conseil aux ressortissants des pays du Maghreb souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger

@[email protected]sstodon.org Saturday, 20th March 2021

J’ai longtemps hésité avant de rédiger ce billet, mais je pense que le temps est venu de le faire.

J’espère que la présente contribution vous servira de source d’inspiration avant de postuler auprès des universités étrangères.

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Image : Dr. Sandy ALAMI HASSANI — kukwiso

Tout d’abord, et dans un souci de rigueur méthodologique, je souhaiterais cerner le profil de mon audience.

Si votre profil ne correspond pas aux critères indiqués ci-bas, vous n’avez nullement besoin de continuer à lire. Commençons donc par l’essentiel.

Ce billet s’adresse à vous si :

  1. vous souhaitez entamer des études universitaires de « premier cycle » à l’étranger ;
  2. vous n’êtes pas bénéficiaire d’une bourse couvrant les frais d’inscription et vos dépenses courantes ;
  3. vous n’avez pas de membres de votre famille dans le pays de destination.

Cela fait maintenant plus de 20 ans que je vis à l’étranger, concrètement à l’Union Européenne.

Je me considère donc en mesure de vous apporter un conseil avisé qui prend en compte les tenants et les aboutissants des projets d’études à l’étranger.

La langue comme mode de pensée et vecteur culturel

Mon premier conseil est lié à l’aspect linguistique. Si vous êtes issu de la région du Maghreb, optez pour un pays francophone ou arabophone, voire anglophone.

Ne faites pas l’erreur de commencer vos études universitaires dans une langue totalement différente des langues principales de votre pays d’origine.

Autrement, vous risquez de perdre un temps précieux avant de pouvoir commencer vos études.

Un autre aspect que beaucoup semblent sous-estimer est celui de la « rupture culturelle ».

En poursuivant vos études dans une langue différente de vos langues principales, vous amoindrissez vos chances sur le marché de l’emploi dans votre pays d’origine.

Car, qui dit « études » dit aussi « bagage culturel ». Et c’est notamment ce bagage culturel qui fait cruellement défaut chez un bon nombre de ceux qui choisissent un pays en dehors de leur cercle culturel.

Si une entreprise est orientée vers le marché francophone, que ce soit en Afrique ou en Europe, elle favorisera les diplômés d’universités francophones.

Si son champ d’activité est axé sur le marché anglo-saxon, elle recrutera majoritairement des candidats issus d’universités britanniques ou américaines.

Scientifique tu es, et scientifique tu resteras !

Les sciences exactes sont un univers totalement différent de celui des sciences humaines.

Si vous êtes élève d’une filière scientifique ou technique et que vous êtes en quête d’objectivité, de rigueur scientifique et de neutralité, il faut à tout prix poursuivre vos études dans le domaine des sciences exactes.

Les lettres et les sciences humaines sont un champ où règnent d’autres critères, qui ne sont pas nécessairement en accord avec le rationnel et l’objectivité des sciences exactes.

Regardez ce qui se passe autour de vous dans les sphères politiques et étatiques et vous comprendrez la différence.

À cela s’ajoute un changement stratégique qui s’est opéré au niveau des relations Nord/Sud pendant les deux dernières décennies, qui fait que les pays du Nord mettent davantage l’accent sur la composante sécuritaire, notamment dans des sujets tels que l’immigration, la protection des frontières, l’armement et les services de renseignement.

Ce sont aussi ces domaines qui recrutent les diplômés des filières littéraires issus des pays du Sud.

Les candidats proviennent majoritairement de groupes ethniques minoritaires ou de certaines franges de la population. Le choix des profils dans ces domaines répond à des critères bien précis.

Par ailleurs, les budgets accordés aux projets médiatiques et culturels destinés aux pays du Sud dépendent souvent du bon vouloir d’institutions et de fondations politiques qui, bien évidemment, souhaitent diffuser un discours adapté à leur propre conception des choses.

On en revient donc aux critères précités. Bref, pour éviter tous ces maux de tête, je vous conseille vivement de rester dans le domaine des sciences exactes.

Affranchissez-vous de la vision idéalisée de l’Occident

Les pays occidentaux possèdent une industrie médiatique colossale. Il en résulte une image idéalisée de ces pays chez certaines personnes.

Si vous pensez que les brigues, le favoritisme et le copinage n’existent pas dans ces contrées, vous êtes totalement à côté de la plaque.

Il suffit d'ailleurs de lire les journaux pour dévoiler l’absurdité d'une telle présomption.

Donc, soyez alerte et raisonnable pour éviter toute désillusion pendant vos études et dans votre vie professionnelle.

Finalement, je vous encourage vivement à étudier l’histoire des pays où vous souhaitez vous rendre. Cela vous permettra de comprendre l’esprit collectif de la société d’accueil pour mieux vous y retrouver.

Voilà, c’est tout pour l’instant. Merci de votre attention et bon courage.

Fayçal ALAMI HASSANI

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